La constipation correspond à une difficulté à évacuer les selles de manière régulière. Elle est généralement définie par une fréquence de défécation inférieure ou égale à trois selles par semaine.
Elle peut entraîner des douleurs abdominales, des ballonnements, des gaz, de la fatigue, des maux de tête et de l’irritabilité, affectant significativement la qualité de vie.
À moyen et long terme, elle peut perturber l’équilibre du microbiote intestinal (dysbiose) et favoriser certains problèmes de santé, comme les hémorroïdes, la diverticulose ou la surcharge hépatique.
La constipation peut avoir une origine médicale ou médicamenteuse, mais elle résulte le plus souvent de plusieurs facteurs associés.
Les causes les plus courantes
- La sédentarité
- Une hydratation insuffisante (déshydratation)
- La faible consommation de fibres alimentaires
- L’immobilisation prolongée
- L’alimentation raffinée et ultra-transformée
- Le changement brutal du mode de vie
- Le voyage
- Le stress
- Un horaire de travail ne permettant pas d’aller au toilette librement
- La prise de certains médicaments (lire notice)
- L’âge
- L’hypothyroïdie
L’hypothyroïdie : une cause souvent sous-estimée
Le manque d’activité physique et une hydratation insuffisante sont parmi les causes les plus fréquentes de constipation. Toutefois, lorsque ces facteurs sont écartés, il est important d’envisager une hypothyroïdie.
Les hormones thyroïdiennes jouent un rôle essentiel dans le bon fonctionnement du système digestif. Lorsqu’elles sont insuffisantes, plusieurs mécanismes peuvent ralentir le transit intestinal :
- Ralentissement du péristaltisme : les hormones thyroïdiennes stimulent normalement les muscles lisses des intestins. En cas d’hypothyroïdie, ces muscles se contractent moins souvent et moins fort, ce qui ralentit la progression des selles.
- Diminution des sécrétions digestives : la thyroïde régule la production d’acide gastrique, d’enzymes pancréatiques et de bile. Un manque d’hormones entraîne une digestion incomplète des aliments dès l’estomac, ce qui finit par congestionner et freiner le transit.
- Absorption accrue de l’eau : comme les selles restent plus longtemps dans le côlon, davantage d’eau est réabsorbée, les rendant dures et plus difficiles à évacuer.
- Impact sur le microbiote : Le ralentissement global peut favoriser une stagnation bactérienne (dysbiose ou SIBO), ce qui génère des gaz et des ballonnements qui aggravent l’inconfort intestinal.
La thyroïde joue un rôle primordial dans le transit intestinal.
Comment savoir si la constipation est réellement dû à l’hypothyroïdie ?
Lorsque la constipation persiste depuis plusieurs mois ou plusieurs années malgré une bonne hygiène de vie, il est pertinent d’évaluer la fonction thyroïdienne.
1. L’examen clinique (Chez le médecin)
Le médecin recherchera des signes évocateurs d’un ralentissement global du métabolisme (en plus de la constipation) :
- présence d’un goitre ou de nodules au niveau du cou ;
- ralentissement du rythme cardiaque (bradycardie) ;
- peau sèche, ongles cassants et/ou chute de cheveux ;
- réflexes plus lents ;
- fatigue importante, difficulté de se mettre en route le matin, prise de poids, frilosité excessive, visage ou paupières gonflés
2. La prise de sang (les marqueurs clés)
Une analyse sanguine est indispensable pour confirmer une hypothyroïdie. Les principaux marqueurs sont :
- La TSH : examen de référence. Une TSH élevée suggère généralement une activité insuffisante de la thyroïde.
- La T4 libre (T4L) : une TSH élevée associée à une T4L basse confirme une hypothyroïdie.
- La T3 libre (T3L) : parfois négligée, elle joue pourtant un rôle important dans le transit intestinal. Une T3 basse peut expliquer certains symptômes malgré une T4 normale.
- Les anticorps anti-TPO : utiles pour rechercher une origine auto-immune, notamment la maladie de Hashimoto.
- Les cofacteurs nutritionnels : le fer, la ferritine, le zinc, le sélénium, la vitamine D, la vitamine B12 et l’acide folique participent au bon fonctionnement thyroïdien.
- L’iode : son dosage peut être réalisé via les urines de 24 heures lorsque cela est nécessaire.
Conclusion
Pour traiter durablement la constipation, il est essentiel d’en identifier la ou les causes principales. Tant que celles-ci ne sont pas correctement prises en charge, les symptômes risquent de persister.
Les laxatifs peuvent être utiles ponctuellement, mais ils ne constituent pas une solution durable puisqu’ils agissent principalement sur le symptôme et non sur l’origine du problème.
En cas de constipation chronique ou persistante, un trouble du fonctionnement thyroïdien doit toujours être envisagé parmi les causes possibles.