Dans cette 1ere partie, nous allons découvrir ce qu’est la thyroïde, quelles sont ses rôles mais aussi comment reconnaître une hypothyroïdie.
Qu’est-ce que la thyroïde : ses rôles et fonctions
La thyroïde est une petite glande en forme de papillon située à la base du cou, devant la trachée. Elle produit des hormones thyroïdiennes (T3 et T4) qui régulent l’entièreté de notre métabolisme.
L’activité de la glande thyroïde est gérée par une hormone de l’hypophyse, la TSH (Thyreoïd Stimulating Hormone) qui stimule la production de T4 et dans une moindre mesure de T3.
La thyroïde produit principalement de la T4, et une toute petite quantité de T3. Mais cette dernière est la forme la plus active dans le corps.
Lorsque tout fonctionne correctement, la T4 produite par la thyroïde est convertie en T3 dans différents organes et tissus selon les besoins de l’organisme.
Les hormones thyroïdiennes agissent sur presque tous les organes et influencent notamment :
- le métabolisme et la production d’énergie ;
- la température corporelle ;
- le rythme cardiaque ;
- le poids ;
- la digestion et le transit intestinal ;
- l’humeur et la concentration ;
- le renouvellement des cellules ;
- la croissance et le développement du cerveau.
En pratique, c’est — principalement la T3, la forme la plus active — qui exercent directement ces effets dans les cellules. La thyroïde, elle, agit comme une “usine” qui fabrique et libère ces hormones selon les besoins.
Comment détecter une hypothyroïdie
Lorsqu’on suspecte une hypothyroïdie, plusieurs signes peuvent être évocateurs. Ceux-ci sont d’abord d’ordre clinique (symptômes). Cependant, une analyse sanguine doit également être réalisée afin de confirmer le diagnostic et d’évaluer l’étendue éventuelle de l’hypothyroïdie. Une analyse urinaire ainsi qu’une échographie de la thyroïde peuvent aussi apporter d’autres pistes d’investigation lorsque l’on souhaite approfondir les examens, notamment si la prise de sang paraît « normale » malgré la persistance de symptômes cliniques bien présents.
Symptômes cliniques
L’hypothyroïdie se caractérise par des symptômes nombreux et variés. L’ensemble de l’organisme peut être affecté, car les hormones thyroïdiennes agissent dans tout le corps.
Voici les principaux symptômes :
- Frilosité (notamment mains et pieds froids) ;
- Constipation, ballonnement ;
- Perte de cheveux, ongles cassants ;
- Peau sèche ;
- Prise de poids et difficulté à en éliminer ;
- Fatigue (difficulté à se mettre en route le matin) ;
- Sensation de gonflement (visage, doigts, paupières) ;
- Difficulté de concentration, perte de mémoire ;
- Etat dépressif, apathie ;
- Rythme cardiaque ralenti ;
- Crampes et courbatures musculaires sans effort particuliers.
Lors d’une hypothyroïdie, tous ces symptômes ne sont pas nécessairement présents simultanément. Toutefois, plus ils sont nombreux, plus la probabilité d’une hypothyroïdie importante augmente.
Ces symptômes doivent également être interprétés dans un contexte clinique plus global. Il ne faut pas oublier que d’autres carences nutritionnelles ou pathologies peuvent également être à l’origine de certains des signes mentionnés ci-dessus.
Analyse sanguine
Spécifique à la thyroïde
- TSH : 0,5–2,0 mUI/L
- T4 : ~1,2–1,5 ng/dL
- T3 : ~3,0–3,5 pg/mL
- Anticorps anti-TPO : inférieur au seuil du labo
Non spécifique à la thyroïde mais jouant un rôle essentiel dans la conversion où la production des hormones thyroïdiennes
- Zinc : 90–120 µg/dL
- Sélénium : 100–130 µg/L
- Vitamine D : 30–60 ng/mL
- Ferritine : 50–100 ng/mL
- Vitamine A (rétinol) : ~40–60 µg/dL
- Vitamine B12 : 500–900 pg/mL
Analyse urinaire
L’analyse urinaire est surtout utile pour évaluer le statut iodé de l’organisme. Il s’agit du test le plus pertinent dans ce contexte. Le dosage sanguin présente peu d’intérêt, car il est fortement influencé par les aliments consommés dans les heures précédentes et ne reflète donc pas fidèlement les réserves réelles en iode.
L’iode est indispensable à la production des hormones thyroïdiennes. En cas d’apport insuffisant, la synthèse de ces hormones peut diminuer, ce qui influence directement le fonctionnement de la thyroïde.
Pour l’iode urinaire (iodurie), les valeurs de référence dépendent du contexte (adulte, grossesse, allaitement, etc.). Chez l’adulte, on considère généralement :
< 100 µg/L : apport insuffisant en iode
100–300 µg/L : apport adéquat (optimal aux environs de 200)
≥ 300 µg/L : apport excessif possible
Echographie
L’échographie de la thyroïde sert à observer la structure de la glande, pas directement son fonctionnement hormonal.
Elle permet notamment de :
- détecter des nodules ou des kystes ;
- voir si la thyroïde est augmentée de volume (goitre) ou diminuée ;
- rechercher des signes d’inflammation ou de maladie auto-immune comme la Thyroïdite de Hashimoto ;
- surveiller l’évolution d’un nodule connu ;
La détection d’une hypothyroïdie repose sur une évaluation globale du tableau clinique et non sur un ou deux éléments isolés. Il est essentiel de disposer d’une vision complète de la situation afin d’identifier une éventuelle hypothyroïdie, et de ne pas se contenter du seul dosage de la TSH.