L’hypothyroïdie peut trouver son origine dans de nombreuses causes. Dans cette 2e partie, nous allons découvrir pourquoi la thyroïde tourne-t-elle au ralentit et explorer toutes les causes possibles.
Les causes « évidentes »
Les causes les plus courantes d’une hypothyroïdie sont :
- la Thyroïdite de Hashimoto : maladie auto-immune où le système immunitaire attaque progressivement la thyroïde. c’est la cause principale dans de nombreux pays ;
- une carence en iode, indispensable à la fabrication des hormones T3 et T4 ;
- une ablation ou un traitement de la thyroïde (chirurgie, iode radioactif) ;
- certains médicaments (par exemple lithium, amiodarone, parfois immunothérapies) ;
- une inflammation temporaire de la thyroïde après une infection, une grossesse ou un accouchement ;
- plus rarement, un problème de l’hypophyse ou de l’hypothalamus, qui contrôlent la thyroïde via la TSH et la TRH ;
- certaines carences nutritionnelles : fer, zinc, sélénium, vitamine D, vitamine A peuvent aussi être, en partie, une des causes de l’hypothyroïdie.
Le vieillissement (comme dans quasiment toutes les pathologies) ou une prédisposition familiale peuvent aussi favoriser un mauvais fonctionnement thyroïdien.
Les sites de conversion
Comme nous l’avons déjà évoqué dans la partie 1, la thyroïde produit principalement de la T4 (thyroxine), une hormone peu active. Une grande partie de son effet biologique dépend de sa transformation en T3 (triiodothyronine), beaucoup plus active.
Où la T4 est-elle convertie en T3 ?
Cette conversion se fait dans de nombreux tissus grâce à des enzymes appelées désiodases :
- Foie : un des principaux sites de conversion.
- Reins : contribuent également de façon importante.
- Muscles : conversion locale pour les besoins énergétiques.
- Cerveau : produit sa propre T3 pour son fonctionnement.
- Thyroïde elle-même : réalise une partie de la conversion.
- D’autres tissus (cœur, peau, tissu adipeux) peuvent aussi produire localement de la T3.
Une pathologie, un dysfonctionnement ou une inflammation de l’un de ces organes peut donc perturber la conversion de la T4 en T3.
On estime qu’environ 80 à 90 % de la T3 circulante provient de la conversion de la T4 dans les tissus, et seulement environ 10 à 20 % est sécrétée directement par la thyroïde.
Quelles enzymes interviennent ?
- Désiodase de type 1 (Dio1) : surtout dans le foie, les reins et la thyroïde.
- Désiodase de type 2 (Dio2) : surtout dans le cerveau, l’hypophyse, les muscles et le tissu adipeux brun.
- Désiodase de type 3 (Dio3) : inactive les hormones thyroïdiennes en transformant la T4 en rT3 (reverse T3), une forme inactive.
Les intestins et le microbiote intestinal jouent aussi un rôle essentiel puisqu’une maladie inflammatoire digestive peut réduire l’absorption des nutriments nécessaire au bon fonctionnement de la thyroïde, réduire le recyclage des hormones thyroïdiennes et de façon globale à un impact néfaste le métabolisme hormonal.
Les carences nutritionnelles
Si l’on parle de la fonction thyroïdienne et de la conversion T4 → T3, certaines carences nutritionnelles sont plus importantes que d’autres :
- Iode
C’est la matière première utilisée pour fabriquer les hormones thyroïdiennes.
- Carence → diminution de la production de T4 et T3.
- Excès important d’iode → peut également perturber la thyroïde chez certaines personnes.
- Sélénium
Probablement le nutriment le plus directement impliqué dans la conversion T4 → T3.
- Les enzymes désiodases qui convertissent la T4 en T3 contiennent du sélénium.
- Une carence significative peut réduire cette conversion et augmenter le stress oxydatif dans la thyroïde.
- Fer
Souvent sous-estimé et pourtant crucial.
- Le fer est nécessaire à l’activité de la thyroperoxydase (TPO), enzyme essentielle à la synthèse des hormones thyroïdiennes.
- Une ferritine basse est associée à davantage de symptômes compatibles avec une hypothyroïdie.
- Zinc
Il intervient dans :
- la synthèse hormonale ;
- la conversion T4 → T3 ;
- la sensibilité des récepteurs cellulaires aux hormones thyroïdiennes.
- Vitamine A
Elle participe à la régulation de l’axe hypothalamus-hypophyse-thyroïde et à l’utilisation des hormones thyroïdiennes par les tissus.
- Vitamine D
Elle n’intervient pas directement dans la synthèse de T3/T4, mais les déficits sont fréquents chez les personnes atteintes de maladies auto-immunes thyroïdiennes (Hashimoto). Elle réduit les risques de déclencher cette maladie.
- Magnésium
Son rôle est plus indirect :
- production d’énergie cellulaire ;
- fonctionnement enzymatique ;
- soutien du métabolisme général.
Une carence peut aggraver une sensation de fatigue même avec une thyroïde normale.
Les autres facteurs
D’autres causes plus spécifiques ont également un impact sur la glande thyroïde.
- Stress physiologique majeur
Traumatisme, brûlures étendues, hospitalisation en soins intensifs, etc.
- Maladies du foie ou des reins
Comme ces organes participent à la conversion T4 > T3, une atteinte sévère peut la réduire (insuffisance rénale ou hépatique, hépatite, cirrhose…)
Lorsqu’on prend un traitement pour la thyroïde, comme la thyroxine (T4), il est indispensable de prendre tous ces facteurs en compte pour être certain que la conversion en hormone active (T3) puisse se faire.